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Les Roms et la traduction judiciaire

 

Les éditions n°4 et 5 de notre newsletter d'IDEM revenait sur les enjeux de la nouvelle directive européenne relative à la traduction dans la procédure judiciaire et sa transposition en droit français.

A travers une vidéo question/réponse notamment, Philippe Kantor, traducteur-interprète de chinois assermenté près la Cour d’appel de Paris, précise quelles vont être les conséquences opérées par l’article  803-1-1 qui transpose en droit français la Directive européenne 2010/64/UE du 20 octobre 2010 relative au droit à l’interprétation et à la traduction dans le cadre des procédures pénales.

 

 

IDEM et son directeur Philippe Kantor, traducteur-interprète de chinois assermenté près la Cour d’appel de Paris et président de la Compagnie des Experts Traducteurs-Interprètes près la Cour d'appel de Paris (CETIECAP), vous accompagnent dans une nouvelle ère en matière de traduction juridique : ces nouvelles dispositions consacrent en effet le droit de la traduction des pièces essentielles de la procédure en droit pénal.

 

A titre d'exemple, le Ministère de la Justice a été amené à faire traduire dans de nombreuses langues, dont le romani, des formulaires d'information relative aux droits de la défense.

 

Le Romani est la langue commune aux Romanes Chaves communément appelés Tziganes. Roms, Gitans, Tziganes : les appelations de ces populations originaires du Nord de l'Inde dépendent des pays dans lesquels elles s’installent.

En cliquant sur l'image, découvrez une infographie portant sur l'histoire du peuple Tzigane.

 

 

 

La vidéo ci-dessous vous permettra de découvrir le romani : il s'agit d'une langue qui dérive du Sanskrit, une langue du nord de l’Inde. Elle a préservé en grande partie son héritage des langues de cette région tels que le hindi et le râjasthâni. (60% du vocabulaire).

 

 

Langue ancienne, de tradition orale, le romani s’est doté d’un alphabet et a fait l’objet d’une standardisation dans les années 1980-1990. Ce n'est donc que très récemment que son apprentissage s'est formalisé dans des méthodes écrites, et les formations universitaires sont encore rares. 

Le romani ne comprend donc pas de vocabulaire technique, scientifique ou juridique, il a donc fallu employer des périphrases pour faire référence à certains termes comme celui de "garde à vue". Y compris dans des versions "locales" du romani, telles que  l’anglo-romani, cela ne fait que quelques décennies que des néologismes ont été créés pour designer des concepts modernes, techniques, scientifiques ou juridiques.

 

 

En outre, le romani des roms ou le tsigane s’est fragmenté en plusieurs variétés dialectales qui s’enrichissent de termes des pays dans lesquels ces populations résident. Il est donc complexe de traduire dans une langue véhiculaire que tous les Tziganes d'Europe comprendraient sans difficulté.

Le romani se compose d'expressions de langues de l'Inde dont elle provient majoritairement, enrichie de termes persans, arméniens, grecs, slaves ou de racines latines. La traduction de cette langue tient donc au contexte et au cadre de vie. Il s’agit de s’adapter aux pays dans lequel les Roms ont l'habitude de vivre. Le romani universel ou "tzigane", que tous les roms comprennent, se perd peu à peu au profit des dialectes locaux.

Par exemple les Tziganes d’Europe de l’Est ont conservé les formes grammaticales et le vocabulaire indien. Mais plusieurs variétés de langues sont apparues, véhiculées par les Tziganes d’Europe de l’ouest, adaptant leur forme grammaticale aux pays qu’ils parcourent depuis des siècles. C’est le cas de l’anglo-romani qui s’est anglicisé, le manouche qui s’est germanisé, le sinto italianisé et le calo hispanisé. Toutes ces langues ayant pour base les langues indiennes et majoritairement le sanskrit sont devenues des dialectes imprégnés par les langues des pays dans lesquels ils résident et qu'ils traversent. Même si le tronc commun reste le romani, du kalo (hispanisé) au manouche (germanisé), l'intercompréhension entre peuples éloignés géographiquement est difficile.

 

Malgré ces difficultés linguistiques, le défi devait être relevé : la situation juridique des roms dans l'Union Européenne est sensible, et le respect des droits de la défense en ce qui les concerne est bien entendu un enjeu important.

 

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