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La question linguistique en Europe

 

Dans les 28 pays de l'Union Européenne, on compte au moins 25 langues "utiles", nécessaires notamment à tous les échanges professionnels. Mais si l'on prend en compte l'ensemble du continent européen, on dépasse alors 200 langues parlées dans une cinquantaine de pays.

L'Europe est donc un espace économique particulièrement divers sur le plan linguistique et culturel.

 

Aujourd'hui, l'Europe des 28 compte 24 langues officielles : l'allemand, l'anglais, le bulgare, le croate, le danois, l'espagnol, l'estonien, le finnois, le français, le grec, le néerlandais, le hongrois, l'irlandais, l'italien, le letton, le lituanien, le maltais, le polonais, le portugais, le roumain, le slovaque, le slovène, le suédois et le tchèque.

 

 

 

Au sein des institutions européennes, les langues officielles de travail sont le français, l‘anglais et l’allemand. En outre, la montée de l’espagnol à l’international renforce son poids au sein de l’Union Européenne lors des échanges extérieurs. Le russe est de plus en plus présent dans l’UE comme langue véhiculaire slave. 

Néanmoins, 80% des textes officiels sont écrits en anglais, langue économique hégémonique. L’anglais ne s’est pas imposé seul au sein de l’union européenne. L’anglais résulte de la mondialisation qui s’impose en Europe depuis 1970 : aujourd'hui, plus de 80 % des jeunes européens  choisissent l’anglais comme première langue étrangère.

 

La diversité des langues est au cœur du débat européen. Elle est promue par les institutions de l'UE comme facteur de démocratie et d'égalité, mais aussi de richesse culturelle et intellectuelle. En outre, la majorité des européens (81%) estime que toutes les langues parlées dans l’UE devraient être traitées de manière égale, et 2 européens sur 5 estiment que la traduction joue un rôle important dans leur vie.

Le coût de la traduction et de l’interprétation représente néanmoins à l’heure actuelle 1% du budget communautaire soit 1,1 milliard d’euros, soit 2,5 euros par personne et par an. En période de crise, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer des coupes dans le budget de traduction en privilégiant l'anglais au sein des institutions. 

 

En France, le sujet linguistique se cristallise autour de la charte de l’Union Européenne et des langues régionales, signée mais non encore ratifiée par la France. Celle-ci rencontre en effet le principe d'indivisibilité de notre république dont la langue est le français. Concrètement, l’application de la charte induirait l’obligation de traduire des dizaines de milliers de pages de la loi française. Les langues concernées dans notre pays sont par exemple l’alsacien, le néerlandais, le corse, le breton, le gallo, le basque, le catalan, ou l'occitan.

 

A l'occasion du renouvellement du Parlement Européen, rappelons que les questons linguistiques sont notamment portées par le parti Union populaire républicaine qui affirme que « La France doit dénoncer la « mondialisation » – qui n’est en fait qu’une américanisation – et favoriser l’ouverture de toutes les cultures du monde sur l’universel et sur un pied d’égalité ». 

Le parti Fédéraliste Européen s’engage quant à lui "au maintien officiel des différentes langues nationales et régionales dans l’union européenne. Nous favoriserons l’enseignement dans les états membres des diverses langues européennes."

Europe Démocratie-Espéranto propose une autre voie, « L'apprentissage de la langue Espéranto par tous les européens qui le souhaitent (l'Espéranto est une langue internationale créée en 1887 et qui est parlée aujourd'hui par plusieurs millions de locuteurs dans le monde ».

 

 

Dans ce débat, il nous semble qu'il ne faut pas oublier, outre les aspects politiques, culturels et budgétaires, que la diversité linguistique est également un véritable patrimoine économique.

 

Le marché linguistique représentait au plan mondial 24,6 milliards d'euros en 2012, dont un peu plus de 12 milliards d'euros en Europe. Le marché linguistique européen représente donc 49,8 % du marché linguistique mondial.

A l'heure d'une mondialisation sans précédent des échanges, sa géographie et son histoire placent l'Europe en avance sur un secteur économique qui connaît environ 15% de croissance par an.

Les investissements s'accélèrent aux quatre coins du monde dans ce secteur, et la promotion de la diversité linguistique est l'un des éléments qui peuvent favoriser le maintien d'un certain leadership européen.

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