Le blog d'IDEM

agence de traduction multilingue

FOCUS PAYS :
Retour sur l’ouverture récente de la Birmanie

 

La Birmanie également appelée République de l’union de Myanmar  est souvent considérée comme l’un des plus envoûtants pays d’Asie du Sud Est. Des centaines de Temples de la vallée de Bagan aux villages flottants du Lac inlé, le pays le plus prospère d’Asie du Sud- Est dans les années soixante, dispose encore aujourd'hui d’atouts importants. Des matières premières abondantes (mines, bois, gaz et pétrole), une société civile restée intacte du fait de l’influence des moines, un marché de près de 55 millions de consommateurs et une intégration régionale forte du fait notamment de son appartenance à l’ASEAN depuis 1997.  

 

©joel.blogzoom          © Dominique D'Auzon / L'Internaute

 © joel.blogzoom                                                                                                                   © Dominique D'Auzon / L'Internaute 

 

L‘Etat birman englobe un peu plus d’une centaine d’ethnies, dont les trois majoritaires sont les Karènes, les Kachins et les Shans. La langue birmane, l’un des 3 dialectes principaux avec le pali (la langue sacrée), et le tanassérim, est la langue maternelle de 25 millions de locuteurs. C’est une langue de la famille des langues sino-tibétaines qui ressemble pour sa construction aux divers idiomes hindous et leur emprunte un grand nombre de termes.

 

  ©thanaka

© thanaka

 

Retour sur une récente ouverture politique

En 1990, le parti opposé à la dictature en place depuis 1962, la Ligue nationale pour la démocratie (LND), remporte les élections générales. Son secrétaire général, Aung San Suu Kyi, est censée prendre le poste de Premier ministre lorsque les résultats sont annulés par le Conseil d'État pour la Paix et le Développement. Elle est ensuite placée en résidence surveillée  par le pouvoir politique et ne peut ni exercer son activité politique ni rendre visite a sa famille à l’étranger sans craindre de ne pouvoir revenir. Durant deux décennies d’enfermement elle va bénéficier d’un important soutien international et sensibiliser la communauté internationale sur le sort de la Birmanie. En 2011, la junte militaire laisse la place à un gouvernement civil.  Depuis la dissolution de la junte, en mars 2011, le gouvernement du président Thein Sein multiplie les réformes, libérant des centaines de prisonniers politiques et permettant notamment l'élection comme députée de l'opposante et Prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi.  

Après deux décennies d'isolement et des années de sanctions internationales, l'économie et les populations birmanes s'ouvrent au monde, au gré des réformes politiques et économiques menées par le nouveau pouvoir civil. La croissance du PIB s’explique essentiellement par le développement des exportations (pierres précieuses, gaz, teck), par le tourisme et par le dynamisme du secteur de la construction lié au chantier de construction de la nouvelle capitale. Toutefois, l’ouverture initiée par le président Thein Sein demeure précaire et marquée par des conflits ethniques qui déchirent plusieurs régions.

A chacune des étapes de son périple européen en 2012, Aung San Suu Kyi demande aux pays occidentaux de continuer à accompagner l'ouverture de la Birmanie, afin de la pérenniser. Malgré l’accusation de Human Rights Watch, selon laquelle les autorités birmanes seraient responsables de "nettoyage ethnique" vis-à-vis de la minorité musulmane des Rohingyas, l’Union européenne vient de décider de la levée des sanctions économiques contre la Birmanie. Pour l'Europe, c'est en effet un pas de plus pour permettre aux entreprises européennes d'investir dans un pays riche en ressources naturelles.

 

© Paris Match

 © Paris Match

 

De l’ouverture politique à l’ouverture économique

Pourtant riche en matières premières, riz, minerais, gaz et pétrole, les deux  décennies de sanctions économiques occidentales avaient contribué  à accélérer  le déclin de ce que  l’on appelait autrefois « le joyau de l’Asie ».

Après l’ouverture politique, le président Thein Sein a promis de faire de l'économie sa priorité lors d'une deuxième vague de réformes, visant une croissance annuelle de 7,7 % sur cinq ans. Mais dans ce pays de 60,6 millions d'habitants où 36 % du PIB provient de l'agriculture, plus de 25 % de la population vit en dessous du seuil de pauvreté et seulement 69 % des familles ont accès à l'eau potable. Le gouvernement de Birmanie a lancé mercredi 10 avril son appel d’offres tant attendu concernant 30 blocs d’hydrocarbure offshore. Une annonce qui attise la convoitise des entreprises étrangères au vu des réserves énergétiques du pays, en sous-exploitation depuis des décennies d’isolement. Les groupes souhaitant postuler à cet appel d’offres devront soumettre leur demande avant le 14 juin. Ils pourront prétendre à 3 blocs maximum, en sachant qu’il s’agira d’un partenariat avec l’entreprise d’Etat pour les 11 blocs en eaux peu profondes ou seuls pour les 19 blocs en eaux profondes.

De manière générale, estimant que les entreprises birmanes ne disposent pas des compétences nécessaires, le gouvernement birman sollicite  les investisseurs étrangers à saisir les opportunités de partenariats avec entreprises industrielles birmanes. Le parlement birman vote en septembre 2012 une loi visant à les faciliter et permettant notamment d'acquérir dans certains domaines plus de 50 % du capital des sociétés.

 

Une oportunité extraordinaire pour les investissements étrangers

De tous les pays frontaliers qui se bousculent pour exploiter les ressources de la Birmanie, la Chine est le plus actif. Dans l’État de Kachin, les sociétés chinoises se pressent pour extraire l’or, le jade et le teck, et produire de l’hydroélectricité. Leurs usines sont visibles depuis le fleuve et jurent avec le reste du paysage. Pour mesurer la présence de l’Empire du Milieu dans le pays, il suffit de descendre dans la cale du traversier, là où sont stockées les marchandises : la plupart sont estampillées « Made in China ». C’est en effet par l’Irrawaddy que transitent la plupart de ces importations. Transportées depuis la frontière par camions, les marchandises sont ensuite acheminées par voie fluviale vers Mandalay et Rangoun, capitale historique de la Birmanie. «  En Birmanie, tout vient de Chine. Les voitures, les routes, les hôpitaux, les usines, les vêtements… Les Chinois ont même aidé à construire la nouvelle capitale, Naypyidaw ! » Rappelle Koko, soldat mécanicien de 28 ans rencontré sur le pont.

 

©Gerard Decqmonnuage

 © Gerard Decq/monnuage

 

L’Europe s’intéresse également aux richesses de ce pays autrefois appelé “le joyau de l’Asie”, le français François Raynal un viticulteur installé en Birmanie prête son savoir-faire français depuis 10 ans déjà.  Sous certains aspects  ce vignoble sur fond de contrefort montagneux situé près du lac Inlé en Myanmar   ressemble un peu  aux Corbières du languedoc roussilon. Mais c'est un Allemand Bert Morsbach qui eut l'idée de planter ses premiers pieds de vigne (pinot noir, sauvignon blanc) à 1100 mètres d'altitude. Un lieu propice pour les arômes dont le vin a besoin. «Surtout le blanc», précise l'audacieux Morsbach, qui eut bien des difficultés à s'implanter.

  

©Soe Than Win / AFP/Archives source : direct matin``  ©Le point   ©meltyfood.fr

 © Soe Than Win / AFP/Archives               © Le point                                                                                           © meltyfood.fr

 

Google et Facebook, symbole de l'ouverture

Le PDG de Google Eric Schmidt découvre Rangoun en mars 2013, il rencontre des internautes plus ambitieux que jamais. Le secteur, certes, démarre de zéro ou presque dans ce pays encore sous la coupe des militaires il y a deux ans et où les connections demeurent à ce jour aussi lentes qu'irrégulières. Longtemps contrôlé par la junte birmane internet était vu comme une dangereuse passerelle vers la liberté.  D’après un communiqué du groupe, la visite de Schmidt « vise à prendre contact avec des partenaires locaux et des "googlers" qui travaillent pour améliorer la vie de millions de gens dans la région, en les aidant à se connecter et accéder à une information, pour la première fois planétaire».

De son côté, Facebook symbolise la liberté d’information pour la population birmane, les commerçants l’ont bien compris et utilisent cet attrait sur l’occident pour attirer les clients birmans. En témoigne ce drôle de magasin de Rangoun qui reprend l’image de la marque facebook pour une boutique de prêt-à-porter. Plutôt osé, il s’agit d’un détaillant de vêtements qui surfe sur la popularité de Facebook pour promouvoir ses produits. Depuis l’enseigne jusqu'aux aux étiquettes de prix, en passant par les sacs, on retrouve le logo et le bleu spécifique du réseau, un moyen de s’accaparer le branding de ce dernier à des fins commerciales, sans qu'il n'y ait la moindre entente entre la boutique et Facebook.

 

© Anja Francois RANDRIAVANIAINA ©stomp.com.sg

© Anja Francois Randriavaniaina  

 

Autrefois qualifiée de «joyau de l’Asie», la République de Myanmar rattrape peu à peu son retard économique, politique et cuturel. L’ouverture internationale est en marche, avec la levée des sanctions économiques, l’accès à internet et l’ouverture des sites internet. Ces réformes redynamisent la géographie économique de l'Asie, la frénésie des nouvelles constructions relie des régions jusque-là négligées.

Il s’agit là d’une opportunité économique inédite pour laquelle toute l’équipe d’IDEM se mobilise aujourd’hui.

 

 

Daily Chart : How Myanmar will connect up Asia
The Economist, 23 mai 2013

 

Vous avez besoin d’en savoir plus sur un pays, un secteur ?

N’hésitez pas à nous contacter pour définir ensemble une prestation sur mesure.

Retour au site

Merci d'entrer un nom valide.
Merci d'entrer un prénom valide.
Merci d'entrer un email valide.

Le blog d'IDEM