Le blog d'IDEM

agence de traduction multilingue

FOCUS TRADUCTION :

Traduire et interpréter en temps de conflit

 

 

Dans une rare démonstration d’unité, les deux chambres du congrès américain ont reconduit la semaine dernière les visas spéciaux qui permettent à tous les traducteurs, interprètes et collaborateurs irakiens de s’installer aux Etat-Unis.

Trop souvent en effet les linguistes ne sont pas reconnus comme des intermédiaires neutres entre deux parties, mais sont accusés de partialité, voire de traîtrise et de ce fait risquent leur vie. La Fédération Internationale des Traducteurs (FIT) recense 216 morts dans le seul conflit irakien dont les traducteurs sont, après les soldats, les premières victimes.

 

http://www.stripes.com/ La traductice et interprète Nahla Qader attendant un helicoptère pour le nord de l’Irak où elle sera escortée avec un groupe de journaliste.

© http://www.stripes.com/

La traductice et interprète irakienne Nahla Qader, qui vient de se voir récemment octroyer la nationalié américaine, est ici en train d'attendre un helicoptère pour rejoindre le nord de l’Irak où elle sera escortée avec un groupe de journalistes. 

 

 

Le métier de traducteur-interprète est très délicat puisqu’il oblige à se trouver entre deux cultures, deux langues, deux clients, et donc deux contraintes. Ce messager, qui a le pouvoir d’influer sur la communication à l’avantage de l’une ou l’autre des parties, est véritablement pris entre deux feux et peut éprouver des difficultés à être neutre et impartial, si toutefois on lui en laisse la possibilité.

Ancien directeur d’une unité d’analyse de l’information stratégique au ministère français de la Défense, interprète traducteur de formation, Mathieu Guidère montre dans son dernier livre, Irak in translation, De l’art de perdre la guerre sans connaître la langue de son adversaire..., comment la traduction devient un enjeu de guerre ou de paix à travers l’exemple du conflit irakien.

Il montre comment des traducteurs sur le terrain ont eu des difficultés à se positionner entre les parties et on pu outrepasser leur rôle. Par exemple, les journalistes n’étant pas autorisés à se rendre dans certains endroits pour réaliser leurs enquêtes, les traducteurs se sont retrouvés à leur dicter le texte de leurs articles. Ils ont également été jusqu’à dicter la conduite de certains militaires qui ne comprenaient pas la langue de leurs supérieurs.

 

  © http://www.stripes.com/ L’interprète irakienne accompagnée des journaliste  leur présente une chambre de torture de Saddam Hussein.

© http://www.stripes.com/

L’interprète irakienne accompagnée des journalistes  leur présente une chambre de torture de Saddam Hussein.

 

 

Depuis la guerre froide, les rapports de puissances ont changé. La puissance du pays se démontre tant par sa force militaire que par son pouvoir à s’informer et à communiquer, à influencer. Le rôle du linguiste est donc de plus en plus important et la question de son positionnement entre deux parties antagonistes devient un enjeu stratégique majeur.

Le besoin de traducteur se fait de plus en plus entendre au sein des services de renseignement et des ministères. Dans les services de renseignement, le problème de recrutement de linguistes est récurrent. Par exemple, au sein des services de renseignement français, les traducteurs-interprètes spécialistes en langue rare tel que l’arabe, le persan ou le chinois ne sont pas sufisamment nombreux. Quant aux services de renseignment américain, on se souvient que l'analyse des évènements du 11 septembre 2001 a révelé un manque cruel de linguistes, notamment arabophones. Or ces recrutements sont particulièrement délicats, car doivent ils réunir à la fois compétences linguistiques et neutralité voire loyauté.

 

 

 

© US Army, fc, Simon Lee

Un soldat américain parle à des villageois afghans

 

 

  

© US Army

Au centre de la photo, le spécialiste Jahan Acheson, un Iranien qui a fuit son pays et rejoint l'armée américaine en tant qu'interprète.

 

 

Les problématiques de positionnement des traducteurs que nous avons décrites dans des contextes militaires ou diplomatiques, jusque dans les projets de réconciliation et de reconstruction post-conflits, appartiennent bien évidemment à situations paroxystiques. Mais cela permet de prendre la mesure de situations qui s’étendent aujourd’hui aux domaines juridiques ou économiques.

A l’heure où les besoins linguistiques dans ces domaines sont exponentiels,  où l’innovation et la compétitivité sont des enjeux économiques et politiques majeurs, nous avons pleinement conscience que la relation de confiance qui unit le commanditaire à une agence autour d’un projet de traduction est cruciale.

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